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Adama

Simon Rouby | 2015 | France

Résumé du film

Adama a 12 ans. Il vit dans un village isolé d’Afrique de l’Ouest entouré de montagnes. Au-delà de ces falaises, où il est interdit de s’aventurer, réside le « monde des souffles », royaume des Nassaras et du chaos. Lorsque Samba, son grand frère, s’enfuit du village, Adama part à sa recherche. D’abord accompagné d’Abdou, un griot très lucide, puis de Maximin, gosse des rues peu fiable mais utile, il rejoint la France et traverse une Europe alors en pleine Première Guerre mondiale. Nous sommes en 1916. Porté par l’énergie du désespoir et l’innocence de sa jeunesse, Adama devra parcourir l’enfer du front. Néanmoins, grâce à l’amour qu’il porte à son frère, son voyage trouvera une issue inattendue.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Sarah Génot de Benshi,

Adama est le héros d’une aventure qui raisonne curieusement avec l’actualité. Poussé par des rêves de gloire, d’argent et d’ailleurs, Samba, un adolescent qui cherche son identité, se retrouve pris au piège d’une guerre qui ne le concerne pas. Des paysages magnifiques et atemporels de ce qui pourrait être le Pays Dogon, le spectateur est soudainement propulsé dans l’enfer cru de la Première Guerre mondiale. Manipulé par le système colonial qui broie les vies humaines, utilisant les populations noires comme de la chair à canon contre la promesse dérisoire d’une prime d’engagement qui teinte l’or, Samba est l’archétype de l’adolescent qui se cherche et se retrouve emprisonné dans la spirale d’un système qui n’offre qu’un avenir nihiliste où le seul salut est la mort. Adama, son jeune frère, avec la détermination de l’enfance innocente chevillée au corps, fera tout pour le retrouver et le ramener à la raison. Le thème de l’enfant dans la guerre est un thème majeur de l’art. Il est délicat à aborder au cinéma avec des enfants du fait de la dureté des images de guerre. Adama trouve ce fragile équilibre entre la dureté d’une réalité qui n’est pas édulcorée et la douceur du regard de l’enfant qui reste du côté du conte. L’utilisation de l’animation permet également de concilier ces deux dimensions. La technique utilisée crée un effet d’hyper-réalisme (que ce soit dans la cruauté de la guerre, comme dans la beauté des paysages et des corps) qui, doublée de manière magique, d’une poésie de la matière, magnifie la violence du récit. Le spectateur se retrouve plongé dans un brouillard de fumée, peuplé d’images mentales, de bruits sourds et d’une musique envoûtante, se demandant comment sortir de l’enfer de la guerre. Quand il n’y a plus que la mort et la souffrance autour de soi, d’où peut encore venir la lumière ?

PS : Le générique d’un film fait partie de l’œuvre, à part entière. Il est recommandé de rester jusqu’à la fin du générique d’Adama pour profiter du talent du poète rappeur Oxmo Puccino.

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Textes issus de Benshi
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