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Azur et Asmar

Michel Ocelot | 2006 | France

Résumé du film

Quelque part en Europe, durant le Moyen Âge, deux enfants sont bercés par la même nourrice. Elle s’appelle Jenane, elle est d’origine arabe. Elle les élève équitablement : Asmar le brun (son propre fils), et Azur le blond, fils d’un riche châtelain. Un jour, Jenane et Asmar sont renvoyés dans leur pays.

Azur grandit. Il rêve de délivrer l’héroïne d’un conte dont Jenane a bercé son enfance, la fée des djinns. Il traverse la mer et retrouve Jenane, devenue la veuve d’un riche marchand. Asmar aussi a grandi, il ambitionne également d’épouser la fée des djinns. Les deux jeunes hommes décident de faire route ensemble puis de tenter leur chance séparément. Leur chemin sera jalonné d’embûches. Poursuivis par des voleurs, ils devront déjouer les pièges d’une bande de marchands d’esclaves, puis affronter une série d’obstacles avec des clés magiques.

Au terme du voyage, chacun trouvera la fée de ses rêves. Mais ce que les deux garçons découvriront de plus important, c’est la paix, l’harmonie et la complémentarité.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Mathilde Boissel de Benshi

Michel Ocelot est célèbre pour avoir réalisé les contes animés Kirkou et la Sorcière, ou encore Princes et Princesses. Avec Azur et Asmar, il choisit pour la première fois d’utiliser la technique 3D, et cela en a surpris plus d’un. Il aura fallu six ans de travail pour qu’avec brio lui et toute son équipe recréent son univers, au style si particulier qui n’appartient qu’à lui ; et auquel le relief ainsi que la texture apportés par cette technique insufflent quelque chose de nouveau. L’artiste désirait être proche de la réalité historique et géographique, et s’est donc énormément documenté. Pour représenter les monuments, la végétation luxuriante, et les costumes du Moyen-Âge, en Orient et en Occident, il s’est inspiré de livres, d’objets d’arts de l’époque (flamands, turcs, perses, andalous, maghrébins, etc.), de photographies, et même de ses voyages dans différents pays du Maghreb, en Andalousie, ou sur les côtes méditerranéennes, en ce qui concerne les villages d’Orient. Ce qui ne l ’a pas empêché de prendre des li­bertés par ailleurs, d’autant plus qu’il n’existe pas d’images du Maghreb entre l’époque antique et le XVIème siècle, pour cause d’interdits religieux. En fait, il souhaitait montrer que ces endroits à l’architecture et la nature paradisiaques, existaient bel et bien sur Terre. Aussi, les à-plats de couleurs vives, très esthétiques, peuvent rappeler le style des affichistes d’entre-deux-guerres. Son graphisme très travaillé, et tout en minutie, accumule les détails et ornementations. Mais il est aussi d’une simplicité poétique.

C’est onirique, et fabuleux, on pénètre ainsi dans l’univers du conte imaginé par le réalisateur. Entre deux civilisations qui ne veulent pas s’entendre, des individus s’estiment, se respectent, et s’aiment, « par-dessus les barbelés ». Dans une quête initiatique à la recherche de la Fée des Dijnns, les deux « frères » traverseront des territoires magiques, y rencontreront des êtres merveilleux qui nous enchantent par leur beauté : le Lion écarlate aux griffes bleues (imaginé par le réalisateur), le Saïmourh (un oiseau mythique de contes persans), les Djinns (êtres légendaires orientaux, sans représentation iconique, donc figurés par l’artiste). Le traitement du son est également intéressant. La bande originale est composée par Gabriel Yared, d’origine libanaise, un grand musicien de cinéma, qui nous offre ici de belles mélodies, aux accents orientaux, qui nous transportent ; notamment cette berceuse chantée en arabe par une femme à la voix claire et douce. Le film est métissé, entre langue française et langue arabe, non sous-titrée, ou traduite par un personnage : cela peut surprendre de ne pas comprendre certaines phrases. Mais nous avons un peu l’impression d’être à la place d’Azur, en voyage, à la découverte d’une culture qui nous est inconnue et charmante. Michel Ocelot a donc essayé de nouvelles manières avec ce film. Une nouvelle technique, une nouvelle langue, une représentation de la culture islamique dont la richesse est parfois méconnue, au cœur d’une histoire de fraternité. Le tout traité avec une poésie et des images qui émerveilleront toute la famille.

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