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Petite Vendeuse de Soleil (La)

Djibril Mambety Diop | 1998 | Sénégal, France, Suisse

Résumé du film

Depuis longtemps, la vente de journaux à la criée dans les rues de Dakar est l’apanage des garçons. Sili, douze-treize ans, une jambe ballante appareillée, quitte chaque jour sa cité Tomates pour la ville, y mendier et nourrir ainsi sa famille. Un matin, elle se fait bousculer par un jeune vendeur. Elle décide alors de cesser de mendier pour vendre, elle aussi, des journaux, car « ce qu’un garçon peut faire, une fille peut le faire aussi ».

Au dépôt de presse, Sili obtient treize «Soleil». Mais les garçons ne l’acceptent pas et la menacent d’emblée. Un jeune vendeur solitaire, Babou, prend sa défense. Quelqu’un lui achète tous ses journaux, et lui donne un gros billet. L’agent qui passait ne veut pas croire qu’elle a gagné cet argent honnêtement. Il l’emmène à la police. Sûre d’elle-même, Sili se justifie devant le commissaire, exige des excuses, fait libérer une femme, elle aussi accusée de vol sans preuve, et repart son gros billet en main. Avec, elle achète un parasol pour sa grand-mère aveugle, qui psalmodie dans le soleil du marché. Elle distribue la monnaie restante aux vieilles femmes et aux enfants.

Sili conte et chante ; Babou, qui ne sait lire que le Coran, applaudit. Mais la bande des vendeurs, jaloux du succès de Sili, la malmène jusqu’à lui voler sa béquille. L’amitié des deux enfants triomphe : Sili monte sur les épaules de Babou. Ils s’éloignent dans une trouée de lumière.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Nadège Roulet de Benshi,

Dès le préambule du film, le ton est donné : « ce film est un hymne au courage des enfants des rues », une ode à l’espoir, à la vie et à l’amitié. A travers le regard des enfants et celui particulièrement lumineux de Sili, Djibril Diop Mambéty nous raconte la réalité des rues de Dakar et le dur quotidien de ces enfants qui tentent chaque jour d’y survivre. D’une manière simple et métaphorique – notons la très belle allégorie du soleil, que Sili doit vendre et répandre autour d’elle pour conserver sa dignité -, Mambéty nous parle d’un continent tout entier, de son peuple et de sa volonté de « rester debout ». Loin d’être misérabiliste, jamais le film ne tombe dans le mélodrame larmoyant. Bien au contraire, Sili rayonne comme un soleil, s’accroche, se bat et ne se laisse jamais faire. Elle pourra également compter sur l’amitié de Babou, tour à tour grand frère et chevalier servant, qui vend lui aussi des journaux et ne cessera de la défendre contre les attaques et les bousculades de la bande de gamins.
Cette belle histoire d’amitié est également portée par une musique et un rythme omniprésents, jusqu’au son de ses béquilles, élément récurent qui annoncent à chaque fois la présence de la petite fille.L’utilisation de la musique est audacieuse et remarquable, comme l’ensemble de la mise en scène et la direction de ces jeunes acteurs non professionnels qui brillent de par leur spontanéité et leur réalisme.
La Petite vendeuse de Soleil oscille entre le conte et le documentaire. Djibril Diop Mambety nous emporte tantôt dans un univers lumineux où l’amitié et la détermination semblent être les clés du bonheur et nous transporte en même temps dans un pays et une ville dont il sait magistralement raconter la réalité quotidienne.

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Textes issus de Benshi
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Extrait vidéo

Bibliographie

La belle histoire de Leuk-le-lièvre
La belle histoire de Leuk-le-lièvre
Léopold Sédar Senghor et Abdoulaye Sadji, Marcel Jeanjean (Illustrateur), LES NOUVELLES ÉD. AFRICAINES (31/12/2001)
Cet ouvrage est constitué de 84 textes de lecture qui ont pour personnage principal Leuk-Le-Lièvre, figure de renom dans les contes et fables de l’Afrique Noire, au même titre que Diargogne-l’Araignée.