Les champs * sont obligatoires

Planète sauvage (La)

René Laloux | 1973 | France, République tchèque

Résumé du film

Sur la planète Ygam vivent les Draags, géants humanoïdes à la peau bleue et aux yeux rouges. Ces êtres qui ont atteint les plus hauts sommets de la connaissance mènent une existence de loisir et de méditation. Ils possèdent pour animaux familiers les hommes, rapportés d’une lointaine planète dévastée. Tiwa, la fille du grand édile des Draags, a recueilli un bébé auquel elle a donné le nom de Terr : les quatre premières lettres du mot « terrible ». La petite créature domestique grandit vite : une semaine draag représente une année pour un homme. Tiwa, comme tout enfant draag, suit un enseignement par « imprégnation directe ». Une connexion fortuite entre l’écouteur de la fillette et le collier de Terr fait du petit homme l’auditeur clandestin de ces leçons : des pans entiers du savoir draag s’impriment dans son cerveau. Bientôt, Tiwa est devenue trop grande pour jouer avec son petit protégé. Terr, délaissé, prend la fuite, traînant derrière lui le précieux écouteur.

Dans la nature, il fait la rencontre d’une jeune fille sauvage, Mira. Celle-ci le mène dans un parc abandonné où se cache le clan du Grand Arbre : une bande d’hommes sauvages subsistant grâce à des larcins perpétrés dans les entrepôts draags. Malgré l’hostilité initiale du sorcier, Terr est vite adopté. L’écouteur sert à des leçons collectives grâce auxquelles les hommes s’éduquent. Mais la prolifération de cette population sauvage et sa hardiesse grandissante inquiètent les Draags. Les édiles décident la « déshommisation » du parc. Transgressant les ordres, Terr court prévenir le clan rival du Buisson creux. En fuite, les hommes rescapés sont acculés dans un fossé et doivent livrer combat. Un Draag est tué. Émus par l’événement, les édiles optent pour des mesures radicales, tandis que l’exode des hommes a déjà commencé. Guidés par la Vieille qui commande le Buisson creux, les survivants parviennent à une usine de fusées désaffectée.

En quelques années, les progrès de leur civilisation ont été tels que les hommes achèvent la fabrication d’engins interplanétaires capables d’atteindre la Planète sauvage où ils espèrent trouver refuge. Les signes avant-coureurs de la grande déshommisation précipitent leur départ. Sous la direction de Terr, qui, adulte, a succédé à la Vieille, les hommes s’envolent vers la planète promise. Ils y découvrent le secret de la méditation des Draags et leur vulnérabilité. Confrontés en deux combats meurtriers, sur Ygam et sur la Planète sauvage, hommes et Draags décident d’un accord pour vivre en paix.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Laetitia Scherier de Benshi,

Unanimement considérée comme l’une des plus grandes œuvres du cinéma d’animation français, La planète sauvage est un film singulier à bien des égards. Inspiré d’un roman incontournable de science-fiction qui traite de la domination des hommes par des êtres supérieurs, le scénario répond parfaitement aux codes du film d’anticipation. Le récit, allégorie évidente de nos sociétés modernes, prône la coexistence des peuples et vise à faire réfléchir le spectateur sur la place de l’Homme.
Hymne à l’éducation et à la transmission du savoir, cette fable philosophique met également en avant la supériorité de la morale et de la liberté sur la maîtrise de la technologie. Les draags ne montrent en effet aucune forme d’empathie envers ceux qu’ils considèrent comme des animaux de compagnie, et ils n’utilisent pas leur connaissance de la science comme un outil d’évolution. La planète sauvage a été réalisé à l’aube des années 70, mais la pertinence de son propos reste aujourd’hui intacte.
Laloux a choisi d’utiliser la technique du papier découpé, qui consiste à dessiner dans un premier temps les décors et les personnages séparément, puis à découper les parties du corps mobiles pour les animer ensuite image par image. L’inconvénient de cette technique étant la rigidité de l’animation et des mouvements au rendu saccadé, le réalisateur a alors décidé de ne pas conserver ces parties mobiles - les parties du corps avec des articulations telles que les bras, les jambes… - mais de dessiner les différents mouvements des personnages à la manière d’un dessin animé. Ce processus de création - appelé animation par phase - étant extrêmement méticuleux, la production du film a duré près de 4 ans.
On retrouve, dans les décors et l’esthétique des différentes créatures, des similitudes avec des œuvres picturales de grands maîtres comme Jérôme Bosch ou les surréalistes Salvador Dali et Yves Tangy. La musique aux sonorités Jazz composée par Alain Goraguer nous immerge, dès les premières secondes du film, dans une atmosphère irréelle, oscillant entre rêve et cauchemar tout au long du film.
La planète sauvage est un film atypique à découvrir de préférence en famille pour permettre aux enfants de s’exprimer sans restriction.

 

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