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Garçon et le monde (Le)

Alê Abreu | 2013 | Brésil

Résumé du film

Sur une planète qui ressemble à la Terre, un petit garçon vit heureux entre ses parents et la nature qui entoure leur modeste maison. Un jour, son père prend un train qui l’emporte au loin, à la recherche d’un travail. Souffrant de son absence, le garçon part à sa recherche. Des plantations aux usines, de la mégapole aux bidonvilles, l’enfant fait tour à tour la rencontre d’un vieux paysan et de son chien, d’un jeune ouvrier-tisserand qui est aussi musicien des rues. Il découvre les difficiles conditions de vie de ceux qui ont suivi le même chemin que son père. Plusieurs fois, il croit reconnaître celui-ci. Mais dans ce monde où règnent la consommation, les médias et les militaires, tous les hommes finissent par se ressembler sous leur masque de fatigue et de tristesse. Heureusement, des notes de musique, pareilles à celles que son père jouait à la flûte, lui font aussi croiser la route d’une foule multicolore et nomade dont la gaîté se transforme en un fantastique oiseau géant porteur d’espoir. Au bout de son voyage, le garçon qui est devenu adulte, revient à la maison de ses parents. La graine qu’il avait semé enfant est maintenant un arbre. Il n’a pas trouvé son père. Mais une vie nouvelle anime la campagne alentour où les hommes sont revenus cultiver leur terre.

Même silhouette, même bonnet : est-ce un hasard si le garçon devenu adulte ressemble au jeune ouvrier rencontré dans le bus ? Et si l’arbre, près de sa maison, est semblable à celui où le vieil homme et son chien ont trouvé refuge ? Marchant sur les traces de son père, le garçon serait-il parti à la recherche de lui-même ?

Pourquoi ce film a été choisi

Par Hélène Deschamps de Benshi,

Le Garçon et le monde est un film brésilien, cela est suffisamment rare pour qu’il soit nécessaire de le mentionner. D’une beauté sidérante, ce film est une symphonie visuelle, onirique, d’une inventivité extraordinaire. Comment montrer le monde dans lequel nous vivons, dans sa globalité et dans sa singularité ? Comment lier l’infiniment petit et l’infiniment grand ? Comment parler de la mondialisation sans discours politique, tout en faisant comprendre ses rouages et ses enjeux économiques ? Comment figurer l’acte de voir de ses propres yeux ? Quelles sensations, quels rêves cela provoque-t-il ? Ces quelques fils tissent la trame du Garçon et le monde avec la liberté de création et la force de la conviction d’une conscience éveillée sur le monde. Le Garçon et le monde peut être présenté aux enfants comme un jeu où il faut relier les points, les spectateurs doivent eux-mêmes accomplir cette trajectoire entre les séquences, plusieurs chemins s’offrent à eux, la lecture est plurielle. Le Garçon et le monde se vit comme un rêve, avec ses moments forts, ses rimes, ses images obsédantes, ses mystères qui subsistent. Rien n’est donné de manière définitive, la langue elle-même est une langue inventée, universelle (il s’agit de phrases en portugais prononcées à l’envers), les mots n’y sont pas distincts, seules restent les intonations, la musique. De fait, tout est musique dans ce film : la musique naît du silence, d’un rythme, d’un bruit qui devient mélodie. La bande-son marque la naissance de la musique comme l’écran blanc (ou la page blanche) celle du dessin. Le graphisme, où se mêlent pastel, craie grasse, crayon de couleur, peinture, étend ses variations de la plus épurée à la plus complexe, les couleurs chatoyantes sont un feu d’artifice, une féérie qui nous fait découvrir une palette infinie que nous ne soupçonnions pas qu’il nous fût possible de voir de nos propres yeux. Oui ! Le Garçon et le monde éclate comme une découverte : comme si nous découvrions l’Amérique (latine), comme s’il nous était donné de voir (ou d’entendre) pour la première fois, la couleur, la lumière, la musique et le monde, en un mot le cinéma !

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Textes issus de Benshi
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Bibliographie

Ces matins-là
Ces matins-là
Didier Jean et Zad, Syros, 2006, à partir de 5 ans.
Un père entraîne son fils dans l’exploration du monde, à la découverte des grands espaces, des peuples, des éléments, bref de la vie dans tous ses états où se côtoient la beauté de l’univers et la misère humaine.
Papa-barque
Papa-barque
Magali Turquin et Yan Thomas, Édition du jasmin, 2007, à partir de 6 ans.
Papa Barque est un album poignant et plein de poésie, c’est le grand cri d’amour d’un enfant pour son père absent, qu’il n’a jamais connu.