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Petit Fugitif (Le)

Ashley Ray, Engel Morris, Orkin Ruth | 1953 | Etats-Unis

Résumé du film

Matin d’été à Brooklyn. Un trottoir. Joey Norton (7 ans) dessine un cow-boy à la craie. L’Ouest légendaire repousse l’horizon de son imagination. Son frère Lennie (12 ans) s’approche sur son air d’harmonica. Joey lui fait grief de sa violence qu’il subit. L’aîné se passerait bien de s’occuper de son cadet, toujours dans ses pattes. Leur mère les quitte jusqu’à demain : grand- mère malade. La tuile : Lennie doit veiller sur son frère tout ce temps. Devoir qui le prive, le jour de son anniversaire, de sa sortie à Coney Island avec ses copains Harry et Charley. Un terrain vague les réunit tous les quatre après manger. Harry a ramené la carabine de son père. Un projet malicieux mûrit vite. Harry force Joey à mettre en joue son frère et à tirer sur lui. Lennie passe de vie à trépas. Harry assure à Joey la chaise électrique, châtiment que leur pays réserve à ses criminels. Joey décampe. La sonnerie du téléphone le débusque chez lui. Il faut fuir pour de bon, rafler en partant les billets laissés par maman, enjamber la fenêtre guillotine, les durs à cuire font pareil, filer à la gare, houp ! un flic, prendre le train de ses rêves pour se réveiller à Coney Island : la plage féerique. Tournis du carrousel, rudesse des lancers, vertiges des glissades, si étranges miroirs et vrais poneys. La nuit tombe vite quand on est seul et recherché. Joey dort sur la plage. L’aube disperse ses songes. Le Pony Ride sait les ranimer, et comment ! Mais Jay, son patron bienveillant, s’alarme de sa présence répétée. Sa ruse dé- pêche Lennie sur place. Joey a pris peur, où est-il ? Heureux orage qui dépeuple la plage, Joey ressurgit, Lennie ne peut le manquer. Ne serai-ce pas le contraire ? Lennie réapparaît : Joey peut le toucher. C’était une blague ! 18 heures, à l’heure ! Leur mère n’est pas rentrée, le western va commencer : de l’or, une diligence, des coups de feu, des chevaux qui s’ébrouent, Morgan s’est enfui, Jim n’a rien vu. Et une mère n’a rien su. La voilà, elle ouvre la porte.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Nadège Roulet de Benshi,

Trésor du cinéma réaliste américain, Le petit fugitif est resté trop longtemps oublié. Il a fallu attendre 2009 et sa ressortie en version restaurée pour (re)découvrir ce film d’une simplicité déconcertante, récit d’apprentissage et portrait de l’enfance réalisé sans artifice, avec beaucoup de tendresse et de sensibilité. Filmé dans un noir et blanc somptueux, caméra à l’épaule et à hauteur d’enfants, on se laisse porter par le son de l’harmonica – les dialogues sont très rares – dans cette errance enfantine. Non sans rappeler le petit Antoine Doinel de François Truffaut ou le Kid de Chaplin, Joey va découvrir le monde des adultes dans un parc d’attraction – Coney Island -, qui devient à la fois expérience et spectacle, entre amusement et angoisse. Les acteurs, tous non professionnels, apportent une spontanéité et une authenticité rares au récit. Ici point de figurants, simplement des tranches de vie enregistrées sur le vif, en pleine immersion au cœur de la foule, à la manière d’undocumentaire sur l’enfance ou sur Coney Island dans les années 50. Un pur moment de cinéma, filmé avec génie par un photographe reporter qui signe ici son premier film. Le Petit fugitif fait partie de ces œuvres qui laissent une trace indélébile et que l’on revoit sans cesse avec le même plaisir... A découvrir de toute urgence !

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Textes issus de Benshi
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Extrait vidéo

Bibliographie

Au pays des tatous affamés
Au pays des tatous affamés
De Laurence David et Frédérique Bertrand, Gallimard jeunesse, 2011, à partir de 5 ans.
Parce qu’il n’a pas voulu partager avec sa sœur, Jules est puni. Il fait alors le vœu d’envoyer sa sœur au pays des tatous affamés.
La Fugue
La Fugue
Yvan Pommaux, L’école des loisirs, 1996, à partir de 5 ans.
Jules le chaton n’est pas heureux chez ses maîtres. Un jour, il voit la porte entrouverte et décide de s’enfuir.
Un pas puis mille
Un pas puis mille
Séverine Vidal et Julien Castanié, La Pastèque, 2016, à partir de 6 ans.
Le récit à la première personne affirme une volonté de libération où les autres ne sont que des empêcheurs de danser en rond. Petit à petit se dessinent les difficultés qui l’assaillent et les raisons de sa fugue...