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Contes de la mère poule (Les)

Vajiollah Fard-e-Moghadam, Morteza Ahadi Sarkani, Farkhondeh Torabi | | Iran

Résumé du film

Shangoul et Mangoul

Un matin, maman-chèvre et ses chevreaux partent en promenade mais le plus petit s’éloigne et tombe dans un fossé. Le loup s’apprête à le dévorer mais la chèvre sauve son enfant avec un lasso. Le lendemain, le loup tente de pénétrer dans la maison des chevreaux, restés seuls, en se faisant passer pour leur mère. Il fait d’abord tinter une feuille clochette devant la porte. En vain. Puis, il trempe sa patte dans un bain de couleur verte et montre cette patte verte (comme celle des chèvres qui marchent dans l’herbe) aux chevreaux qui, cette fois, lui ouvrent grand leur porte...

Lorsque maman-chèvre, enfin délivrée du piège dans lequel elle s’était fait prendre, arrive à la maison, il est trop tard : le loup a mangé les chevreaux. Seul le plus petit a réussi à se cacher. La chèvre traque la méchante bête jusque dans sa tanière, l’affronte puis l’éventre : ses enfants sortent vivants du loup vaincu....

 

Le poisson Arc-en-ciel

Au fond de la mer, des enfants poissons s’amusent avec leur amie l’étoile filante. Le beau poisson Arc-en-ciel, aux écailles faites de pastilles brillantes et multicolores, est trop fier pour jouer avec eux et préfère se tenir à l’écart. Un des poissons se retrouve pris au piège dans le repaire d’un méchant prédateur ; tous s’unissent pour l’aider à se tirer des dents du méchant. Seul Arc-en-ciel reste lâchement caché. Les autres décident alors d’ignorer ce poisson vraiment trop égoïste.

Mais peu après, Arc-en-ciel se fait lui aussi attaquer... Sans rancune, le groupe de poissons vient alors à la rescousse du poisson solitaire. Pour remercier ses sauveurs, Arc-en ciel leur offre ses pastilles brillantes puis se joint à ses nouveaux amis.

Lili Hosak

Le coq et la poule sont ravis : leur poussin vient de naître. Mais le voici qui s’approche trop près de l’étang et tombe à l’eau ! Le coq, qui ne sait pas nager, demande l’aide des autres animaux. Hélas, ceux-ci ne répondent pas à son appel désespéré. Seule une chèvre entend et comprend les mots du coq. Elle prévient tous les animaux qui accourent au bord de l’étang et qui, tous ensemble, sauvent le poussin de la noyade.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Mathilde Boissel, de Benshi,

Distribué en 2001 par les Films du Préau, Les contes de la mère poule est un programme de courts métrages devenu culte dans le domaine du cinéma art et essai très jeune public. Et pour cause, ces films d’animation dans l’héritage de la tradition iranienne sont très riches. 

Le cinéma d’animation fait partie de la tradition culturelle iranienne depuis les années 50. En 1958, les pionniers du cinéma d’animation iranien utilisaient déjà la technique du papier découpé. Sur le même principe, ces personnages de papier, mais aussi de laine et de tissus, ornés de broderies, s’animent image par image. On remarque un travail minutieux sur les couleurs et la matière, ayant abouti à un cinéma d’animation « tactile », qui nous rappelle les activités manuelles de notre petite enfance. Ces histoires sont comme des tapis persans qui prennent vie sous nos yeux. Comme on aimerait les toucher ! 

L’histoire de Lili Hosak, animée en papier découpé, se déroule dans un tapis un peu magique. Les motifs géométriques utilisés rappellent les tapis de type « Gabbeh », dont la laine est filée et teintée à la main par les femmes de tribus nomades d’Iran, de Turkestan et d’Afghanistan. Ces tapis représentent principalement des animaux et des éléments végétaux. Dans Shangoul et Mangoul, les jeux de lumière et de clair obscur sont renforcés par les reliefs de la laine brodée. C’est un travail délicat, dont le rendu feutré est très esthétique, doux, mais surtout original. Le monde marin du Poisson Arc-en-ciel est quant à lui tout en couture. On y trouve des anémones en fil, des chenilles velours, des coquillages boutons, de beaux poissons aux écailles à sequins qui font la farandole. Mais attention à la murène qui rôde, dont les dents sont aussi tranchantes qu’une fermeture éclair ! La beauté plastique de ces œuvres, d’une grande simplicité artisanale, est sans conteste.

Si le graphisme des tapisseries et l’accompagnement musical sont caractéristiques du Moyen Orient, les récits s’appuient en partie sur des éléments de la culture iranienne. Le bestiaire y est symbolique : en Iran la chèvre représente la maternité, et le poisson représente la vie et la renaissance. Les œuvres font également référence à des contes. Lili Hosak s’inspire d’une comptine qui raconte l’histoire d’une souris tombant dans un bassin. Shangoul et Mangoul, nous rappelle le conte occidental de la chèvre et ses chevreaux. Le Poisson Arc-en-Ciel est quant à lui adapté de l’album Arc-en-ciel, le plus beau poisson des océans, écrit et illustré par le suisse Marcus Pfister.

Le traitement du son est intéressant aussi. Dans ces films, pas de paroles, seulement des bruitages et des babillements, ou des cris d’animaux. L’accompagnement musical, tantôt électronique, tantôt orientalisant, suit et intensifie le rythme du récit et l’émotion. Pas besoin de narration, car les images alliées au son parlent d’elles-mêmes, et les petits spectateurs en saisiront le sens. Les dangers du quotidien encourus par les petits (la noyade, les prédateurs…), sont communément au cœur de l’action. Ces histoires nous montrent, tout en poésie, que la solidarité du groupe et le puissant lien d’amour parental (celui des « mères poules ») sont nécessaires pour y remédier. 

Ces beaux contes qui font grandir, servis par une animation somptueuse et originale, émerveilleront toute la famille. Bienvenue en Perse !

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Textes issus de Benshi
Benshi est un site internet de recommandations de films de qualité adaptés aux enfants de 2 à 11 ans. Il encourage leur curiosité et accompagne toute la famille dans une découverte du cinéma adaptée et progressive. Retrouvez la fiche complète du film et bien plus encore sur benshi.fr

Extrait vidéo

Bibliographie

La Hache en or
La Hache en or
Jihad Darwiche et Rashin Kheirieh, Lirabelle, 2007, à partir de 3 ans.
Pour découvrir un autre conte venu d’Iran et une jeune illustratrice iranienne pleine d’humour et de talent.
L’Ogresse et les sept chevreaux
L’Ogresse et les sept chevreaux
Praline Gay-Para et Martine Bourre, Didier jeunesse, 2001, à partir de 3 ans.
Praline Gay-Para, qui aime les contes venues d’ailleurs, nous propose ici la version libanaise du Loup et des sept chevreaux.
Éléphants
Éléphants
Sara, Thierry Magnier, 2006, à partir de 3 ans.
Ce bel album sans texte raconte l’aventure d’un éléphanteau qui se retrouve nez à nez avec des tigres. Dominé, impuissant, heureusement que les aînés ne sont pas loin et veillent. Un écho à Lili Hosak.
Toute une vie pour apprendre
Toute une vie pour apprendre
Gabriele Rebagliati et Michio Watanabe, Les fourmis rouges, 2016, à partir de 3 ans.
Manger pour la 1ère fois avec des baguettes, planter un premier bulbe, faire du vélo sans les petites roues... On n’a jamais fini d’apprendre. Mais au fait, qui est l’héroïne de cet album? Une dame de 74 ans!