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Sidewalk Stories

Charles Lane | 1989 | Etats-Unis

Résumé du film

En marge du quartier des affaires et des foules pressées, vivait en ce temps-là à New York un jeune artiste, qui tentait de gagner sa vie en croquant sur le trottoir le portrait des passants. Vivant de peu, même au cœur de l’hiver, il avait élu domicile dans un immeuble abandonné. Un soir, au détour d’une ruelle, il recueille une fillette, dont le père vient d’être assassiné. Il l’adopte et se débrouille tant bien que mal pour la nourrir, la vêtir et la loger. Leurs aventures, souvent cocasses, parfois un peu amères, mais toujours empreintes de tendresse, leur font arpenter les trottoirs, les asiles de nuit, les bibliothèques et les jardins publics, mais également l’appartement luxueux d’une riche jeune femme. Lorsque la fillette retrouve enfin sa mère, l’artiste s’efface : il ne lui reste rien, pas même l’immeuble en ruine qui l’abritait. Et, le conte achevé, il réalise que le trottoir a l’odeur, le goût d’acier de la réalité.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Anne Charvin de Benshi,

Au début, on n’entend rien. Pas un mot, pas un souffle, pas une note de musique ne viennent troubler l’agitation frénétique de Wall Street. On pense aux tout premiers films de l’histoire du cinéma, les vues Lumière qui permettaient, en 1 minute, de découvrir un ailleurs, le rendait visible. Des gens courent, se disputent un taxi, la foule se presse sur les trottoirs.
Très vite, le décor change, le quartier des affaires laisse la place à un quartier pauvre, délabré où des vagabonds déambulent, toujours en silence. Parmi eux vit un jeune homme « L’Artiste », qui dessine des portraits pour gagner sa vie. Un soir, un tragique hasard met sur sa route une fillette de 2 ans. Commence alors pour cet étonnant duo, fragile et lumineux, une bataille sourde et âpre pour trouver une place dans le monde.
Sidewalk stories, Histoires de trottoir, est un film curieux, qui nous entraîne avec douceur vers des territoires inattendus. On pense à Charlie Chaplin et à son Kid, dont l’histoire est presque identique. On pense aussi à Buster Keaton et à sa gracieuse maladresse. Le cinéma burlesque est là, tout près, comme un compagnon de route sur qui on peut compter. Mais dans ce film-là,  pas de vitesse, pas de course effrénée, pas d’accélération subite. Charles Lane prend le temps, celui, précieux, de la balade, de l’attention au monde.
Le réel n’est jamais loin.
Lane filme les foyers, les postes de police, le froid qui mord la peau, les rues, la nuit qui tombe. Et ceux qui sont le véritable sujet du film, les sans-abris, les vagabonds, les laissés-pour-compte.
Le mutisme du film est le leur, eux qui n’ont plus de voix, plus de parole. Mais à ce mutisme répond la musique du film, merveilleuse, mâtinée de jazz, empreinte d’une douceur et d’une énergie qui portent le film vers le ballet, qui offrent aux corps fatigués, transis, usés, la grâce et la légèreté des danseurs.
Sidewalk stories est un film magnifique car c’est un film digne, droit, où chacun peut se tenir debout malgré la sécheresse du monde, son injustice et son infinie tristesse. C’est un film qui rend visible ceux qu’on ne voyait plus et qui réussit un miracle : faire sortir du silence ceux qui y étaient plongés, faire parler de nouveau ceux qui étaient muets.

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Textes issus de Benshi
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