Les champs * sont obligatoires

Treeless Mountain

Kim So-yong | 2008 | Corée du Sud

Résumé du film

Jin, 6 ans, vit pauvrement avec sa mère et sa jeune sœur Bin, 5 ans, dans un immeuble gris de la banlieue de Séoul, en Corée du Sud. Un jour, en revenant de l’école, Jin apprend que sa mère a décidé de partir à la recherche de leur père dont elle est séparée. Jin et Bin devront vivre chez une tante dans une petite ville du Sud du pays. Sans bien comprendre pourquoi, Jin doit donc quitter son école et la capitale. Pour rassurer ses fillettes, la mère leur confie une tirelire en forme de cochon dodu qui, lorsqu’elle sera pleine, sera le signal de son retour et de leurs retrouvailles.

Mais Jin broie du noir, pleure souvent et refuse de manger les repas offerts par sa tante. Cette dernière a peu de ressources et s’adonne de plus en plus à l’alcool.
La vie au village n’est cependant pas si ennuyeuse. Jin et Bin se lient d’amitié avec un garçon qui vit dans le voisinage.

Le temps passe et les deux sœurs espèrent le retour de leur mère en déplorant que le cochon soit encore à moitié vide. Un jour, Jin voit des garçons vendre des sauterelles grillées à la sortie de l’école. L’idée lui vient d’en faire autant pour remplir leur pauvre tirelire. Ainsi, Jin et Bin se mettent en quête des sauterelles au bord de la rivière qui jouxte leur quartier. Les deux sœurs font de bonnes affaires. Le cochon étant plein, Jin et Bin vont attendre à l’arrêt du bus le retour de leur maman, en vain. Les bus passent mais leur mère ne revient toujours pas. Cette fois, même Bin qui était toujours insouciante et gaie, se met à douter.

Un jour, leur tante leur annonce qu’elles doivent désormais vivre chez leurs grands-parents à la campagne. La grand-mère, malgré sa grande pauvreté, est heureuse d’accueillir les fillettes dans sa petite maison de village. Bin et Jin commencent à vivre au rythme de la fermette, allant cultiver le riz ou trier les piments qui sèchent dans la cour de la maison sous le soleil d’automne.

Un jour, le froid terrible de l’hiver coréen approchant, elles décident de donner l’argent du cochon à leur grand-mère pour s’acheter des chaussures. Désormais réconciliées avec leur destin et la vie naturelle à la ferme, les fillettes entonnent une chanson proclamant leur gratitude à l’égard de tout le monde.

Pourquoi ce film a été choisi

Par Alice Rabourdin de Benshi,

Ce film coréen est d’une rare beauté. Le charme opère pour différentes raisons : tout d’abord, parce que les personnages principaux sont des enfants. Leurs expressions sont sincères, et la douceur et l’innocence de leurs visages nous plongent dans un univers simple, dans lequel vos enfants pourront facilement se projeter, notamment grâce à la proximité de leur âge par rapport à celui des fillettes. Toutes deux sont des actrices non professionnelles, ce qui crée un réalisme touchant. Ce même réalisme est accentué par une esthétique épurée, uniforme et simple : les visages des filles sont filmés en gros plans, caméra à l’épaule (le plan n’est jamais vraiment fixe, il bouge légèrement, à la manière des films documentaires). De cette façon, la proximité avec les enfants est accentuée, le spectateur se trouve tout près d’elles, plongé dans leur quotidien quelque peu bouleversé par l’absence de la mère.

Le scénario contribue également au charme de ce film. Précisons qu’il n’est pas si simple, puisqu’il raconte comment deux enfants se font abandonner par leur mère. Au début du film les soeurs sont déçues, tristes. En revanche, et c’est là que réside toute la beauté du film, leur innocence les aide à passer outre cela, grâce à l’objectif que leur a fixé leur mère (d’une manière assez paradoxale !) : quand la tirelire sera pleine, elles la reverront. Voilà comment un scénario en apparence dur et social, peut devenir onirique et poétique, comme les enfants et l’espoir qu’ils entretiennent (symbolisé par cette grosse tirelire rose).

Les fillettes, par moments livrées à elles-mêmes, découvrent une nouvelle vie, qui leur font relativiser le départ de leur mère. Elles se focalisent sur leur tirelire, sans même avoir conscience de la valeur de l’argent, et deviennent amies avec les voisins du petit village. Le rythme du film, assez lent, nous plonge dans un état contemplatif face aux images de nature et aux visages des jeunes soeurs. On se croirait dans les champs avec Jin et Bin, à chasser les sauterelles avec elles, l’espace d’un instant.

Laissez-vous bercer par le doux rythme de cette belle histoire et positivez avec vos enfants sur la simplicité et la beauté du monde qui nous entoure !

 

Lire la suite
Textes issus de Benshi
Benshi est un site internet de recommandations de films de qualité adaptés aux enfants de 2 à 11 ans. Il encourage leur curiosité et accompagne toute la famille dans une découverte du cinéma adaptée et progressive. Retrouvez la fiche complète du film et bien plus encore sur benshi.fr

Carte postale numérique


Extrait vidéo

Bibliographie

L’île aux chats
L’île aux chats
Chungmi Kim, Thierry Magnier, 2008, à partir de 11 ans
L’Ile aux chats est un quartier pauvre d’une ville de Corée du Sud au bord de la mer, un bidonville de familles qui doivent faire face à l’alcool, le chômage et la drogue.
Le chant du ruisseau
Le chant du ruisseau
Chae In-sun, Kim Dong-seong, Chan-ok (Flammarion), 2014, à partir de 8 ans
ônmi part à vélo avec son oncle. Il quitte la ville et lui montre les rizières et les ruisseaux coulant à flot dans la campagne malgré la sécheresse de la terre.
No man’s land
No man’s land
Yeon-Sil Yl, Grandir, 2011, à partir de 8 ans
Chaque année, les grues partent de la Sibérie et volent vers Chol-won, en Corée. L’une d’entre elles raconte son périple. Cet album permet de découvrir l’histoire de la guerre de Corée et de réfléchir à la situation actuelle.