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Cadet d’eau douce

Charles Reisner | 1928 | Etats-Unis

Résumé du film

Sur un fleuve des États-Unis, deux propriétaires de bateaux à vapeur s’affrontent : Steamboat Bill, qui fait naviguer un vieux rafiot, le Stonewall Jackson, et le richissime J.J. King qui inaugure son steamer. Steamboat apprend que son fils Junior, qu’il n’a pas vu depuis sa naissance, a terminé ses études et vient lui rendre visite. À la gare, il est déçu : le jeune homme ne correspond pas à l’idée qu’il s’en était faite. Junior se révèle non seulement malingre et gauche, mais en plus il est habillé de manière excentrique. Steamboat tente donc de lui donner, si ce n’est l’allure d’un marin, au moins son costume, puis de lui apprendre comment fonctionne le bateau. À bord, Junior se livre à une cascade de maladresses : il est inadapté à la marine fluviale. Qui plus est, il tombe amoureux de l’héritière King : Kitty !

Les deux pères s’emploient à séparer les jeunes gens et Steamboat veut renvoyer son fils à Boston.

Mais King provoque l’interdiction de naviguer du Stonewall Jackson, les deux hommes en viennent aux mains et Steamboat Bill est arrêté.

Un cyclone s’annonce.

Junior tente de faire évader son père de prison, mais malgré son inventivité, sa maladresse fait échouer son plan.
La tempête redouble. Des bâtiments entiers s’envolent et la prison glisse jusque dans la rivière. Steamboat, prisonnier dans sa cellule, risque de se noyer. Junior fait alors preuve d’une ingéniosité nouvelle : dans un premier temps, il sauve Kitty, puis son père. Père et fils s’étreignent, avec émotion, pour la première fois. Mais il faut encore sauver King, dont le bateau a coulé. Les adversaires se réconcilient. L’histoire se termine lorsque le jeune héros tire un prêtre de la rivière : il ne reste plus qu’à célébrer le mariage !

Pourquoi ce film a été choisi

Par Hélène Deschamps de Benshi

Nous l’aurons deviné, Canfield/Steamboat Bill, Jr. est interprété par Buster Keaton. Un Buster Keaton au sommet de son art et qui se dévoile peut-être un peu plus que d’habitude… Sans doute cela est-il dû au fait que, dans cette histoire, il a un père. Même si leurs rapports psychologiques sont traités de façon visuelle et comique, ce lien filial crée une sorte de rapprochement avec le spectateur : Keaton nous offre - chose rare - son visage en gros plan. Ce visage, sur lequel on a tant écrit, « l’homme au visage de pierre », « celui qui ne sourit jamais », impénétrable. En nous laissant entrevoir un peu de sa propre histoire, Keaton nous livre, avec Cadet d’eau douce (Steamboat Bill, Jr.) un film intensément personnel.

Le comique de la première partie du film est du pur Keaton, il tient à son savoir-faire : l’exploitation du matériau minimal et sa science du détail. Ainsi tout relève d’une subtilité qui défie la description. Depuis ses premiers courts métrages, Keaton a appris à exploiter toutes les ressources d’un décor ou d’un accessoire (il adore tout particulièrement les trains et les bateaux). Ici, il joue avec tout à Junction River, cette petite ville si bien dépeinte, avec le Mississippi et les deux steamers : Keaton épuise tous les ressorts comiques de toutes les situations. 

Steamboat Bill, Jr. reflète sa maîtrise sans équivalent en matière de mise en scène de séquences spectaculaires. Celles du cyclone nous laissent le souffle coupé. Ce sont sans doute les plus belles de sa filmographie. Keaton y déploie une variété inédite de plans défiants la pesanteur : des façades éventrées s’écroulent, d’autres se plantent intactes, des arbres déracinés et de lourdes caisses s’envolent, pareils à des feuilles mortes. Des objets s’animent et se dotent d’une vie propre, tel ce lit en fer blanc et à roulettes, qui promène le héros où bon lui semble. Au réalisme fascinant des images du cyclone se mêle un univers onirique, que Keaton démultiplie encore en amenant son héros dans un théâtre. Il joue alors avec les trucages de la scène et du cinéma : les décors, les trucs des prestidigitateurs sont autant de trompe-l’œil et de faux-semblants sans cesse étonnants. L’art de Keaton atteint des dimensions surréalistes. S’il existe peu de probabilités qu’une machine à coudre rencontre un parapluie, combien y en a-t-il pour qu’un homme alité se retrouve dans une étable entouré de chevaux ? Telles sont les merveilleuses trouvailles de Buster Keaton !

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Textes issus de Benshi
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Bibliographie

Buster Keaton, le mécano du cinéma
Buster Keaton, le mécano du cinéma
Hélène Deschamps, Anastassia Elias, À dos d’âne, 2005, à partir de 8 ans
Buster Keaton n’a pas encore 4 ans qu’il participe déjà officiellement au numéro de music-hall de ses parents. Plus tard, cet acteur incroyable réalisera des films muets célébrant la fantaisie.
Les aventures de Tom Sawyer
Les aventures de Tom Sawyer
Mark Twain, Livre de poche, rééd. 2015
Tom Sawyer vit dans le Missouri, il n’aime pas l’école et préfère jouer avec ses copains en regardant passer les bateaux à vapeur sur le fleuve Mississipi.